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Dialogue voulu par Tshisekedi : la CENCO pose ses conditions

L’Église catholique de la République démocratique du Congo ne rejette pas l’idée d’un dialogue national portée par le président Félix Tshisekedi. Toutefois, elle estime que la réussite d’une telle initiative dépendra avant tout de son caractère inclusif, de sa crédibilité et de sa capacité à rassembler l’ensemble des forces vives de la nation autour d’un projet commun de paix et de cohésion nationale.

Publié le 7 octobre 2026 à 23:53
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Dialogue voulu par Tshisekedi : la CENCO pose ses conditions
Emergence Mag — Archives & Rédaction

Cette position a été exprimée par le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Fulgence Muteba, lors d’une rencontre tenue à Lubumbashi avec une délégation dépêchée par le chef de l’État.

La délégation présidentielle était composée notamment du directeur de cabinet du président de la République, Anthony Nkinzo, et du conseiller spécial Fortunat Biselele. Du côté des confessions religieuses, étaient également présents Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que le révérend Éric Senga, secrétaire général de l’Église du Christ au Congo (ECC).

UNE OUVERTURE DE PRINCIPE AU DIALOGUE

Selon les responsables religieux, la recherche d’une solution durable aux crises sécuritaires, politiques et sociales qui affectent le pays nécessite un cadre de discussion sincère et rassembleur.

La CENCO et l’ECC ont ainsi réaffirmé leur disponibilité à accompagner toute initiative susceptible de favoriser la paix, le renforcement de la cohésion nationale et la résolution des causes profondes des tensions qui persistent en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Toutefois, les deux Églises ont rappelé qu’un dialogue national ne saurait atteindre ses objectifs s’il ne garantit pas la participation de toutes les parties concernées.

Pour les responsables religieux, l’inclusivité constitue une condition essentielle afin d’éviter que le processus ne soit perçu comme une simple consultation politique limitée à certains acteurs ou à certains courants de pensée.

LA CONTINUITE DU PACTE SOCIAL POUR LA PAIX

La position défendue par les Églises catholique et protestante s’inscrit dans la continuité du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs », une initiative lancée en décembre 2024.

À travers cette démarche, la CENCO et l’ECC se sont progressivement imposées comme des acteurs de facilitation dans les efforts de recherche de solutions aux crises congolaises et régionales.

Les responsables religieux considèrent que le dialogue doit s’inscrire dans une dynamique capable de favoriser non seulement des compromis politiques, mais aussi une véritable réconciliation nationale fondée sur la confiance, la justice et le vivre-ensemble.

DES GARANTIES DEMANDEES SUR L’ORGANISATION DU PROCESSUS

Les discussions de Lubumbashi ont également porté sur les contours du futur dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, ainsi que sur les mécanismes envisagés pour sa préparation.

Les évêques ont insisté sur l’importance de mettre en place un cadre transparent, inspirant confiance à l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et communautaires.

Pour l’Église catholique, la crédibilité du processus sera déterminante pour assurer l’adhésion de la population et des différentes sensibilités nationales.

Cette exigence intervient alors que le chef de l’État a créé, par ordonnance présidentielle du 13 septembre 2026, un comité d’organisation préliminaire chargé de préparer les bases du futur dialogue.

UN COMITE SOUS L’AUTORITE DE LA PRESIDENCE

Ce comité a pour mission d’effectuer les préparatifs matériels, logistiques et sécuritaires du processus, d’ouvrir les premiers contacts avec les forces politiques et sociales ainsi qu’avec les partenaires internationaux, avant de soumettre au président de la République différentes options pour la suite des travaux.

Placée sous l’autorité directe du chef de l’État, cette structure comprend un coordonnateur, un coordonnateur adjoint, plusieurs membres ainsi qu’un secrétariat technique composé de onze experts.

L’ensemble des membres est nommé par ordonnance présidentielle et rend compte de ses activités au président de la République par l’intermédiaire de son directeur de cabinet.

Le comité est financé par le Trésor public et ses membres sont soumis à une obligation de réserve ainsi qu’au respect du secret professionnel durant toute la durée du processus.

UN APPEL A UN DIALOGUE VERITABLEMENT NATIONAL

À travers sa prise de position, l’Église catholique envoie un message clair : elle demeure disposée à accompagner les efforts de paix, mais refuse d’endosser un processus qui ne réunirait pas suffisamment les différentes composantes de la société congolaise.

Pour la CENCO et l’ECC, l’enjeu dépasse la tenue d’un simple forum politique. Il s’agit de construire un cadre capable de répondre aux défis sécuritaires, institutionnels et sociaux auxquels le pays est confronté, notamment dans l’Est de la RDC.

En ouvrant la porte au dialogue tout en réclamant des garanties de transparence et d’inclusivité, les Églises réaffirment leur volonté de jouer un rôle de médiateur moral dans la recherche d’une paix durable et d’un consensus national autour de l’avenir du pays.

J-P Djoko

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