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Naufrages à répétition : où est passée l'autorité du ministère des Transports ?

Un nouveau drame vient de frapper les voies navigables de la République démocratique du Congo. Ce dimanche 4 octobre, une des quatre barges du bateau Global Express a sombré au port Général Kalume de Nganda Musolo, dans la partie ouest de Kinshasa, alors que l'embarcation effectuait des manœuvres à quai. Plusieurs passagers sont portés disparus et les opérations de recherche se poursuivaient encore tard dans la soirée.

Publié le 5 octobre 2026 à 17:40
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Naufrages à répétition : où est passée l'autorité du ministère des Transports ?
Emergence Mag — Archives & Rédaction

Selon des témoins présents sur les lieux, la barge transportait simultanément des passagers et une importante cargaison d'huile de palme. Peu après le naufrage, une grande quantité d'huile s'est répandue à la surface du fleuve Congo, compliquant considérablement les opérations de secours.


« Même ceux qui savaient nager avaient du mal à se maintenir dans l'eau à cause de la couche d'huile qui recouvrait la surface », a expliqué un témoin ayant assisté à la scène.


Arrivé de Mbandaka, le bateau était amarré depuis la veille sans incident apparent. C'est au cours des manœuvres effectuées dans le port que l'accident s'est produit, dans des circonstances qui restent à déterminer.


UN DEUXIEME ACCIDENT EN MOINS DE VINGT-QUATRE HEURES


Ce naufrage intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Quelques heures auparavant seulement, deux baleinières étaient entrées en collision dans la province de l'Équateur, provoquant également des pertes humaines et matérielles.


Ces deux accidents successifs viennent rappeler la vulnérabilité persistante du transport fluvial congolais, pourtant vital pour des millions de citoyens. Dans un pays où les fleuves et les rivières constituent souvent les principales voies de communication, les drames se répètent à une fréquence alarmante.


Surcharges, vétusté des embarcations, insuffisance des équipements de sauvetage, faiblesse des contrôles techniques et non-respect des règles de navigation sont régulièrement pointés du doigt chaque fois qu'un accident survient.


LA RESPONSABILITE DU MINISTERE DES TRANSPORTS INTERROGEE


Face à cette multiplication des catastrophes, la question de la responsabilité politique ne peut être éludée.


Le ministère des Transports, placé sous l'autorité de Jean-Pierre Bemba, est chargé de la réglementation, du contrôle et de la sécurisation des activités de transport sur l'ensemble du territoire national. À ce titre, les récents drames remettent au centre du débat l'efficacité des mécanismes de surveillance censés prévenir ce type d'accidents.


Certes, l'enquête devra établir les causes précises du naufrage de Nganda Musolo. Toutefois, le problème dépasse largement le seul cadre de cet accident. Chaque nouveau drame révèle les mêmes carences : insuffisance des inspections, faiblesse des contrôles de chargement, manque de suivi des normes de sécurité et incapacité à imposer une discipline rigoureuse aux opérateurs fluviaux.


De nombreux observateurs estiment que les réponses des autorités demeurent souvent limitées aux réactions d'urgence après les catastrophes, sans que des réformes structurelles ne soient véritablement mises en œuvre pour prévenir les drames futurs.


UN SECTEUR STRATEGIQUE QUI PEINE A SE MODERNISER


Sous la conduite de Jean-Pierre Bemba, plusieurs annonces ont été faites concernant la modernisation des infrastructures de transport et le renforcement de la sécurité des voies navigables. Cependant, la répétition des accidents laisse penser que les résultats attendus tardent encore à se matérialiser sur le terrain.


Pour de nombreuses familles congolaises, le fleuve Congo n'est pas seulement une voie commerciale. Il constitue un moyen essentiel de déplacement, d'approvisionnement et de survie économique. Chaque naufrage représente ainsi non seulement une tragédie humaine, mais également l'échec d'un système censé protéger les usagers.


La présence récurrente de passagers sur des embarcations destinées principalement au transport de marchandises soulève également des interrogations sur le respect des normes de sécurité et l'efficacité des services de contrôle.


L'HEURE DES COMPTES ?


Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les personnes disparues à Nganda Musolo, l'émotion suscitée par ce nouveau drame pourrait rapidement laisser place à une exigence de vérité et de responsabilité.


Au-delà des causes immédiates du naufrage, c'est toute la gouvernance du secteur fluvial qui se retrouve aujourd'hui sous les projecteurs. Après plusieurs accidents meurtriers enregistrés ces dernières années, les Congolais attendent désormais plus que des communiqués de circonstance. Ils réclament des mesures concrètes, des contrôles rigoureux et des sanctions contre les manquements qui continuent de transformer les voies navigables du pays en pièges mortels.


Pour beaucoup, la répétition de telles tragédies pose une question simple : combien de naufrages faudra-t-il encore avant qu'une réforme profonde de la sécurité fluviale ne soit effectivement mise en œuvre ?


Jean-Petit Djoko

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