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RDC-Rwanda : les limites du parapluie diplomatique américain

Plus d'un an après la signature de l'Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, la persistance des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ravive les interrogations sur l'efficacité du mécanisme de suivi mis en place sous l'égide des États-Unis. Ces préoccupations ont été directement portées devant le président américain Donald Trump lors d'un échange à la Maison Blanche qui suscite de nombreuses réactions.

Publié le 2 octobre 2026 à 11:52
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RDC-Rwanda : les limites du parapluie diplomatique américain
Emergence Mag — Archives & Rédaction

La scène s'est déroulée dans le Bureau ovale. Alors que la discussion portait initialement sur les minerais stratégiques africains et les perspectives d'approvisionnement américain en manganèse provenant notamment de la RDC et de l'Angola, la journaliste accréditée à la Maison Blanche, Hariana Veras, a orienté le débat vers la situation sécuritaire dans l'Est congolais.


S'adressant au président américain, elle a rappelé son implication personnelle dans la conclusion de l'accord signé en juin 2025 entre Kinshasa et Kigali.


« Vous êtes le seul président, sur les quatre dernières administrations, à avoir essayé de mettre fin à la guerre de 30 ans en RDC. Vous avez amené les deux présidents à la Maison Blanche pour signer la paix, mais le Rwanda continue de violer l'accord », a-t-elle déclaré.


Face à cette affirmation, Donald Trump a réaffirmé son engagement à faire respecter les dispositions de l'accord.


« Oui, nous allons l'arrêter. S'il y a une violation, nous en sommes au courant. Nous avons mis fin à la guerre entre le Congo et le Rwanda et ils ont tous les deux signé », a répondu le locataire de la Maison Blanche.


LE SUIVI AMERICAIN AU CENTRE DU DEBAT


L'interpellation met en lumière une question devenue centrale depuis plusieurs mois : celle de l'effectivité du mécanisme de suivi prévu dans le cadre de l'accord de Washington.


Alors que les affrontements continuent d'être signalés dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de nombreuses voix s'interrogent sur la capacité réelle de l'administration américaine à faire appliquer les engagements pris par les parties signataires.


Hariana Veras, revenant sur un récent déplacement en RDC, a insisté sur la gravité de la situation sécuritaire observée sur le terrain.


« J'ai été témoin à nouveau que le Rwanda tue encore beaucoup de Congolais. J'ai des preuves », a-t-elle affirmé devant le président américain.


Une déclaration qui a conduit Donald Trump à promettre un suivi plus attentif du dossier.


« J'en ai entendu parler il y a peu. S'il y a un problème, on arrêtera », a-t-il déclaré avant d'ajouter : « Je vais m'assurer que ça marche. C'est ce que je fais. »


ENTRE ESPOIR DIPLOMATIQUE ET REALITE DU TERRAIN


Cet échange intervient alors que Washington continue de présenter l'accord signé en 2025 comme une avancée majeure dans la recherche d'une solution durable à la crise sécuritaire dans la région des Grands Lacs.


Le 22 septembre dernier, à l'occasion de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump avait encore revendiqué avoir contribué à mettre un terme à la guerre entre la RDC et le Rwanda.


Cependant, la poursuite des violences dans l'Est congolais nourrit le scepticisme de certains observateurs quant aux résultats concrets obtenus jusqu'à présent. Pour plusieurs analystes, la crédibilité même du processus dépend désormais de la capacité des garants internationaux à veiller au respect des engagements souscrits par les parties.


Au-delà des déclarations diplomatiques, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent en effet d'attendre une amélioration tangible de leur sécurité. Une attente qui place désormais l'administration américaine face à l'épreuve des résultats.


Jean-Petit Djoko

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