Trump claque la porte du multilatéralisme : la RDC en zone de turbulence

Le président Donald Trump a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 entités liées aux Nations Unies. Cette décision, justifiée par une volonté de « recentrage sur les intérêts nationaux » et une critique de la « gouvernance mondiale », marque une rupture historique avec le multilatéralisme. En privant ces institutions de leur principal contributeur financier, Washington plonge de nombreux pays en développement dans une incertitude budgétaire et opérationnelle sans précédent.
LA RDC FACE A UNE CRISE HUMANITAIRE IMMINENTE
La République Démocratique du Congo figure parmi les nations les plus exposées aux conséquences de ce désengagement. Le retrait américain de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le gel des fonds de l’USAID – qui représentaient plus d’un milliard de dollars d’aide annuelle pour le pays – menacent directement la lutte contre les épidémies de Mpox et de choléra. Les programmes de vaccination et de sécurité alimentaire, essentiels pour des millions de déplacés dans l’Est du pays, risquent un arrêt brutal. Kinshasa se retrouve désormais seule face à des besoins humanitaires abyssaux.
UN BOULEVERSEMENT GEOPOLITIQUE EN MARCHE
Au-delà de l’urgence sanitaire et humanitaire, la décision américaine ouvre un vide stratégique. Alors que la RDC vient d’intégrer le Conseil de sécurité de l’ONU comme membre non permanent pour la période 2026-2027, elle devra composer avec une organisation fragilisée par le départ de Washington. Ce contexte pourrait accélérer un basculement des alliances vers les puissances émergentes des BRICS, notamment la Chine et la Russie, prêtes à combler le vide laissé par les États-Unis. Pour Kinshasa, l’heure est à la diversification des partenariats et à une quête urgente d’autonomie financière afin de préserver sa stabilité interne.


J-P Djoko