Sanctions américaines contre Basengezi, le Sénat congolais dans l’embarras

 

L’ancien vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Norbert Basengezi Katintima, est désormais frappé par des sanctions américaines. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) l’accuse, aux côtés de l’ex-président de la CENI Corneille Nangaa et de son fils Marcellin Basengezi Mukolo, d’avoir « sapé le processus électoral et les institutions démocratiques » en République démocratique du Congo.
Washington reproche également à Basengezi des détournements présumés de fonds publics à des fins personnelles. Les sanctions entraînent le gel de tous ses avoirs placés sous juridiction américaine et interdisent à toute entité ou personne américaine d’effectuer des transactions avec lui.
Cette décision intervient dans un contexte politique sensible. Le nom de Norbert Basengezi circule au Sénat pour occuper le poste de deuxième vice-président, laissé vacant après la démission de Modeste Bahati Lukwebo, contraint par une pétition de sénateurs. Bien que cette éventuelle nomination ne soit pas encore confirmée, elle suscite déjà des interrogations. Comment un responsable visé par des sanctions internationales pourrait-il accéder à une telle fonction institutionnelle ?
Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre la volonté des États-Unis de peser sur la gouvernance congolaise en sanctionnant les acteurs jugés responsables de dérives électorales. Elle met aussi en lumière les tensions persistantes autour de la crédibilité des institutions démocratiques en RDC.


Jean-Petit Djoko