Bruxelles : le ministre de la Justice échange avec la diaspora congolaise sur les défis judiciaires

En mission en Belgique, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a rencontré mardi la communauté congolaise vivant à Bruxelles, dans la salle de l’ambassade de la RDC.
 
Organisée en présence de l’ambassadeur Christian Ndongala, la rencontre a réuni plusieurs compatriotes venus exposer leurs préoccupations, notamment sur les questions de spoliation des biens, de certificat de nationalité ou encore du rapatriement des restes humains congolais conservés en Europe.
 
Dès l’entame, le ministre a insisté sur l’objectif de sa démarche : écouter la diaspora et répondre aux difficultés liées à l’accès à la justice. Il a rappelé que son ministère est également compétent en matière d’état civil et de délivrance des documents officiels, qui doivent être accessibles sans discrimination ni frais illégaux.
 
Huit mois après sa prise de fonctions, Guillaume Ngefa a dressé un diagnostic sans détour : une justice crédible reste indispensable pour garantir la paix, la sécurité juridique et le développement économique du pays.
 
 
Cinq priorités pour réformer la justice
 
Face à la diaspora, le ministre a décliné les principaux axes de son action :
•Lutte contre l’impunité, la corruption et la spoliation : il a évoqué des actions concrètes, dont l’interception de plus de 3 millions de dollars à l’aéroport de Ndjili.
•Humanisation des prisons : dénonçant des conditions « infrahumaines », il plaide pour des établissements favorisant la réinsertion.
•Réforme du cadre légal et coopération judiciaire : avec un accent sur l’adoption de nouveaux textes et le renforcement des partenariats internationaux.
•Digitalisation de la justice : pour permettre notamment à la diaspora d’accéder aux décisions judiciaires à distance.
•Lutte contre les déserts judiciaires : plusieurs zones restent dépourvues de tribunaux fonctionnels, obligeant parfois les autorités coutumières à rendre justice.
 
Pour y remédier, cinq tribunaux de paix sont annoncés, notamment à Kabeya Kamwanga, Tshilenge, Lupatapata, Basankusu et Kutu.
 
 
Est de la RDC : réaffirmation de l’autorité de l’État
 
Abordant la situation sécuritaire à l’Est, le ministre a rappelé la décision du Président Félix-Antoine Tshisekedi d’annuler tous les actes administratifs et judiciaires pris par le M23, dans le but de réaffirmer la souveraineté de l’État.
 
Il a également indiqué que son ministère suit de près les crimes commis dans cette région et travaille, en coopération avec la Belgique et d’autres partenaires, à apporter des réponses judiciaires appropriées.
 
Vers une « diplomatie judiciaire »
 
Le ministre a par ailleurs mis en avant une stratégie de « diplomatie judiciaire » visant à récupérer les fonds publics détournés par des ressortissants congolais condamnés à l’étranger. Des accords ont déjà été conclus avec certains pays, dont le Qatar, tandis que d’autres discussions sont en cours.
 
Clôturant son échange, Guillaume Ngefa a réaffirmé sa volonté de bâtir une justice plus transparente, accessible et proche des citoyens, y compris pour les Congolais vivant à l’étranger.
 
Émergence