Désignation du président de la CENI divise : Dodo Kamba met en garde contre un retour au chaos électoral

Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale par le député Meschack Mandefu Muela relance le débat sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le texte prévoit notamment de modifier le mode de désignation du président de la CENI, jusque-là réservé aux confessions religieuses. Désormais, ce poste pourrait être ouvert à toute personne jugée compétente, via un appel à candidatures piloté par le Parlement.
UNE REFORME JUGEE RISQUEE
Si l’initiative est saluée pour son ambition de moderniser l’institution, elle suscite de vives réserves. L’archevêque Dodo Kamba, ancien président des Églises de Réveil du Congo (ERC), estime que confier cette responsabilité aux acteurs politiques reviendrait à les placer en position de « juges et parties ».
Il rappelle qu’en 2011, une tentative similaire avait conduit à un « chaos » électoral, avant que la tâche ne soit restituée aux confessions religieuses en 2013, puis renforcée en 2021.
TROIS COMBATS POUR L’INDEPENDANCE
Pour Dodo Kamba, la crédibilité de la CENI repose sur trois piliers :

La dépolitisation totale de l’institution ; – Son autonomisation dans la gestion des processus électoraux ; – Son indépendance complète vis-à-vis des partis politiques.
Selon lui, l’indépendance recherchée n’est pas vis-à-vis des confessions religieuses, mais bien des acteurs politiques, dont les intérêts partisans risquent de compromettre la transparence du processus électoral. « On a besoin de crédibiliser la centrale électorale face au monde, à la communauté nationale et internationale », insiste-t-il.


J-P Djoko