Union sacrée en tension autour de la motion contre Shabani

Six jours après le dépôt de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, aucune plénière n’a été convoquée à l’Assemblée nationale. Une situation que les députés signataires, conduits par Laddy Yangotikala Senga et Samuel Yumba, considèrent comme une violation flagrante du règlement intérieur, lequel prévoit que le débat et le vote doivent intervenir au moins 48 heures après le dépôt de la motion.
Les pétitionnaires accusent le bureau de l’Assemblée, notamment son président Aimé Boji et le vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, de retarder volontairement l’inscription de la motion à l’ordre du jour. Pour Samuel Yumba, porte-parole des signataires, il s’agit d’un « blocage délibéré » d’une démarche légitime, rappelant que la motion de défiance est un mécanisme démocratique d’interpellation et non une condamnation automatique d’un ministre.
Environ 56 députés reprochent à Jacquemain Shabani son « incompétence » face à l’insécurité croissante à Kinshasa et dans d’autres villes, marquées par braquages et kidnappings. Le porteur de la motion, Laddy Yangotikala, a été exclu de son regroupement politique (Alliance des Bâtisseurs) et a démissionné de son parti (AVRP), signe des fortes pressions internes au sein de l’Union sacrée. Les signataires affirment agir en toute indépendance, au nom du peuple, et dénoncent toute tentative de blocage comme juridiquement contestable.


J-P Ebonga