Le chef de la MONUSCO à Goma, au cœur du processus de paix

 

James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO), est arrivé ce vendredi 24 avril 2026 à Goma, ville stratégique actuellement sous contrôle de l’AFC/M23. Il s’agit de sa première visite sur le terrain depuis sa prise de fonction à Kinshasa.
Avant Goma, le diplomate onusien avait déjà séjourné à Beni, Eringeti, Bunia et Fataki, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. À son arrivée, il a rappelé que cette mission s’inscrit dans la mise en œuvre du cessez-le-feu et dans les efforts de protection des civils. « Goma occupe une place centrale dans la dynamique de désescalade et dans le processus de paix en cours », a-t-il souligné.
Cette visite intervient une semaine après les pourparlers de Montreux, organisés dans le cadre du processus de Doha, réunissant le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo–M23, avec la facilitation du Qatar, des États-Unis, de l’Union africaine et de la Suisse comme pays hôte. James Swan a salué les « avancées » vers un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, encourageant les parties à maintenir leur engagement pour parvenir rapidement à un accord.
Le chef de la MONUSCO prend ses fonctions dans un contexte marqué par le renouvellement du mandat de la mission par le Conseil de sécurité des Nations unies, valable jusqu’au 20 décembre 2026. La résolution 2808 fixe un effectif maximum de 11 500 militaires, 600 observateurs, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées. Contrairement aux précédents mandats, elle suspend le désengagement progressif de la MONUSCO, en raison de la dégradation sécuritaire persistante en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
La résolution intègre également les nouveaux cadres diplomatiques issus de l’Accord de paix de Washington (juin 2025) et de l’Accord de Doha (novembre 2025). Elle condamne fermement l’offensive du M23 au Sud-Kivu, notamment la prise d’Uvira avec le soutien de la Force de défense rwandaise, et exige le retrait immédiat de ces forces. Le Conseil appelle également les FARDC à cesser tout appui aux groupes armés tels que les FDLR et à poursuivre leur neutralisation.
Dans ce contexte, la visite de James Swan à Goma illustre la volonté des Nations unies de renforcer leur rôle dans le suivi du cessez-le-feu et d’accompagner les efforts de paix, au moment où la population civile continue de subir les conséquences du conflit.


J-P Djoko