Un contrôle physique du personnel, initié par le président de l’Assemblée nationale Aimé Boji Sangara, a révélé l’existence d’un vaste réseau présumé d’agents fictifs au sein de l’institution. Les premières conclusions font état de près de 600 agents et cadres irrégulièrement inscrits sur les listes de paie.
Selon des sources internes, ces bénéficiaires fictifs percevaient chaque mois des rémunérations allant de 5 à 20 millions de francs congolais, provoquant une hémorragie financière considérable au détriment du Trésor public.
Cette découverte intervient dans un climat social tendu, marqué par les revendications du personnel administratif. Les grèves observées ces derniers mois ont poussé les nouvelles autorités de la chambre basse à diligenter un audit approfondi. Des soupçons pèsent déjà sur certains responsables administratifs et anciens gestionnaires, accusés d’avoir facilité ces pratiques frauduleuses. Une enquête interne est en cours pour établir les responsabilités et mesurer l’ampleur exacte du préjudice subi par l’État.
DES COLLABORATEURS TOUJOURS SANS BANCARISATION
Paradoxalement, alors que des centaines d’agents fictifs ont bénéficié de ressources publiques, plusieurs collaborateurs des membres de l’actuel bureau de l’Assemblée nationale dénoncent encore leur situation administrative. Dix mois après l’installation de la nouvelle équipe dirigeante, nombre d’entre eux attendent toujours la signature officielle de leurs décisions de nomination.
Cette absence de régularisation les empêche d’être intégrés dans le système bancaire de paiement. Leurs rémunérations continuent d’être versées en espèces, via le mécanisme dit « maboko banque », régulièrement critiqué pour son manque de traçabilité et les risques de retenues arbitraires.
Ce double constat – la fraude massive d’un côté et la précarité administrative de l’autre – illustre les défis urgents auxquels l’Assemblée nationale doit faire face pour restaurer la transparence et la crédibilité de sa gestion.
J-P Djoko
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