Ebola en RDC : la paix, condition de la riposte selon Ramaphosa

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exhorté, mardi 16 juin 2026, ses homologues africains à intensifier leurs efforts pour instaurer un cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon lui, l’arrêt des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, est indispensable pour que la riposte contre l’épidémie d’Ebola puisse se dérouler sans entrave.
S’exprimant lors d’une réunion virtuelle de haut niveau consacrée à la lutte contre Ebola, Ramaphosa a souligné que les mesures de santé publique déployées dans la région sont compromises par l’instabilité sécuritaire. Il a proposé la création de corridors humanitaires pour faciliter le passage des biens et des services, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la collaboration transfrontalière, le traçage des contacts et la sensibilisation communautaire.
Le président sud-africain a réaffirmé son soutien au plan continental de préparation et de réponse récemment lancé, annonçant une contribution de 13,5 millions de dollars américains de son pays. Il a appelé les autres dirigeants africains à maintenir ou augmenter leurs engagements, rappelant qu’en l’absence de vaccin ou d’antiviral contre la souche Bundibugyo, chaque jour de transmission incontrôlée accroît le coût humain.
Ramaphosa a également insisté sur l’urgence d’investir dans la production locale de médicaments et de renforcer l’Agence africaine des médicaments, afin de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des marchés extérieurs. « La riposte à Ebola ne peut pas s’arrêter avec la fin de cette épidémie. Ce moment doit devenir un tournant », a-t-il déclaré, appelant les partenaires internationaux à soutenir l’Afrique dans un esprit de solidarité.
Le dimanche 14 juin, la RDC a enregistré 782 cas confirmés et 181 décès liés à Ebola. Avec 72 nouveaux cas en 24 heures, un record depuis le début de l’épidémie, la situation reste particulièrement préoccupante dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.


Jean-Petit Djoko