Réforme constitutionnelle : la souveraineté populaire au centre du débat

Le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation (USN), André Mbata, a affirmé que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution ne répond à aucun agenda électoral prédéfini. Lors d’une conférence de presse tenue à Bruxelles, il a insisté sur le fait que cette réflexion relève du droit des Congolais de s’interroger sur l’avenir de leurs institutions, indépendamment des échéances électorales.
Face aux interrogations sur l’opportunité d’ouvrir ce débat à moins de deux ans des élections générales de 2028, Mbata a rappelé que l’initiative émane du président Félix Tshisekedi, qui a invité l’ensemble des Congolais, y compris la diaspora, à réfléchir sur la Constitution. « Il n’y a pas de temps pour réfléchir. Les Congolais s’expriment et ce sont eux qui se prononceront, pas nous », a-t-il déclaré.
LE REFERENDUM COMME EXPRESSION DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE
Au cœur de ses propos figurait la question du référendum, présenté comme un instrument démocratique permettant au peuple de se prononcer directement sur des enjeux majeurs. Mbata a rappelé que la RDC possède une tradition référendaire, citant notamment les consultations de 1964, 1967 et celle de décembre 2005 qui avait conduit à l’adoption de la Constitution actuelle.
Il a précisé que le référendum de 2005 portait exclusivement sur le texte constitutionnel, réfutant les comparaisons avec d’autres lois électorales ou législatives.
REJET DES ACCUSATIONS DE TROISIEME MANDAT
Répondant aux critiques de certains acteurs politiques, Mbata a catégoriquement écarté l’idée que ce débat soit lié à une hypothèse de troisième mandat présidentiel. « Nous sommes dans l’esprit de la Constitution et dans le respect des règles du jeu », a-t-il affirmé, soulignant que les institutions fonctionnent actuellement dans le cadre légal en vigueur.
VULGARISER LA CONSTITUTION, UNE PRIORITE
Interrogé sur la capacité des Congolais à se prononcer en connaissance de cause lors d’un éventuel référendum, Mbata a reconnu que la maîtrise du texte constitutionnel reste un défi. Il a toutefois insisté sur l’importance d’un vaste travail de sensibilisation impliquant les politiques, la presse, la société civile et les organisations de défense des droits humains. « Que faut-il faire ? Vulgariser le texte », a-t-il conclu.


J-P Djoko