Ebola et insécurité à l’Ituri : le gouverneur militaire dévoile sa stratégie

 

Le nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-Major Gaby Kasongo Batoka Mulumba, a présenté vendredi soir sa stratégie pour pacifier une province meurtrie par des décennies de violences et désormais frappée par la 17e épidémie d’Ebola. Lors d’un briefing de presse organisé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, il a exposé une approche à double volet : tendre la main aux groupes armés tout en brandissant la menace d’une riposte militaire.
Fraîchement arrivé de la Tshopo où il commandait la 31e région militaire, le général Kasongo a déclaré avoir reçu mandat de « pacifier rapidement et durablement la province de l’Ituri par tous les moyens légaux et appropriés », rendant hommage au Président de la République pour la confiance accordée. Son plan repose sur cinq axes prioritaires : pacification, réconciliation intercommunautaire, retour des déplacés, réhabilitation des infrastructures et soutien à la riposte contre Ebola.
« Nous avons décidé d’ouvrir nos portes à toutes les composantes de la société iturienne, y compris à ceux qui troublent encore la quiétude de nos populations », a-t-il affirmé, appelant au dialogue. Mais il a averti : « Si cette démarche n’aboutit pas, le gouvernement provincial militaire prendra ses responsabilités et imposera la paix par les moyens coercitifs prévus par la loi. »
Arrivé à Bunia le 14 juin, le gouverneur militaire a immédiatement réuni l’équipe de coordination de la riposte contre Ebola. Il a exhorté la population à « s’approprier la lutte » en respectant les mesures barrières et en signalant les cas suspects. Cette mobilisation communautaire est jugée cruciale dans une région où la méfiance envers les autorités reste forte et où les équipes médicales ont parfois été attaquées.
Au-delà de la réponse sécuritaire et sanitaire, le Général-Major Kasongo insiste sur la nécessité de reconstruire les routes et infrastructures pour relancer le développement économique. Il rappelle que l’Ituri, riche en ressources naturelles mais parmi les provinces les plus pauvres du pays, ne pourra se relever sans paix durable. « Chères sœurs et frères de l’Ituri, la paix est entre vos mains. Donnons-nous cette paix. Préservons-la. Transmettons-la aux générations futures », a-t-il plaidé.


Jean-Petit Djoko