Force du progrès à Ngaba : un défi direct à l’autorité de l’État

 

La scène survenue le samedi 20 juin 2026 dans la commune de Ngaba illustre une crise institutionnelle préoccupante. Le bourgmestre Aimé-Francis Lolinga, représentant légal de l’État, a été publiquement intimidé et humilié par des membres de la milice dite Force du progrès, affiliée au parti présidentiel UDPS. Cet incident dépasse le simple affrontement local : il met en lumière l’effritement progressif de l’autorité publique face à des groupes qui semblent se placer au-dessus des lois.
Dans une République, l’autorité administrative incarne l’ordre et la continuité institutionnelle. Lorsqu’un bourgmestre est défié par des militants qui imposent leur volonté dans la rue, c’est l’État lui-même qui voit sa crédibilité remise en cause. Le message envoyé à la population est dangereux : la légitimité des institutions peut être contestée par la force et l’intimidation.
Depuis plusieurs années, la Force du progrès est associée à des actes d’intimidation et à des démonstrations de puissance incompatibles avec les principes d’un État de droit. La tolérance et l’absence de sanctions exemplaires ont favorisé une culture de l’impunité. À Ngaba, cette dérive s’est matérialisée par une scène où des militants ont agi comme s’ils détenaient une parcelle de souveraineté, brouillant la frontière entre militantisme politique et comportement de milice.
Le silence ou l’inaction des institutions face à de tels agissements accentue la crise. L’autorité de l’État ne se proclame pas, elle s’exerce. Une justice sélective et une police à géométrie variable fragilisent davantage la confiance des citoyens.
Cet incident doit servir d’électrochoc. Car lorsqu’une autorité administrative est publiquement humiliée sans conséquence, ce n’est pas seulement une commune qui est touchée : c’est l’ensemble de l’édifice républicain qui vacille. Un État qui tolère la loi du plus fort ouvre la voie à la jungle, au détriment de la République et de ses institutions.


J-P Djoko