ESU en crise : Thérèse Sombo accusée d’injustice flagrante

 

Le banc syndical de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), de la Recherche scientifique et de l’Innovation, regroupant SYNCAS, SYNACASS-RDC et le Collectif des ACS, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« injustice flagrante » dans la gestion du secteur par la ministre Thérèse Sombo.
Les syndicats accusent la ministre d’avoir validé en catimini un barème salarial « intermédiaire » qui privilégierait les professeurs au détriment des autres catégories du personnel. Selon eux, ce dispositif accentue les écarts salariaux, en contradiction avec les accords intersyndicaux Bibwa I et II censés réduire ces disparités.
Ils reprochent également à Thérèse Sombo de refuser un moratoire sur les inscriptions à la thèse, se contentant de prolonger de deux mois la date de défense du DEA. Une décision jugée pénalisante pour les chercheurs, alors que les écoles doctorales ne sont toujours pas opérationnelles.
Autre grief : le blocage des promotions des assistants au grade de chef de travaux, en violation du statut du personnel de l’ESU. Paradoxalement, ce grade aurait été accordé collectivement aux instructeurs de l’Académie militaire de Kananga, sans respect des critères légaux.
Pour les syndicats, le barème « intermédiaire » viole la vision du président Félix Tshisekedi exprimée lors du lancement de la nouvelle politique salariale en avril 2025. Ils exigent que la Première ministre et le ministre des Finances suspendent son application.
Le banc syndical réclame aussi la continuité des inscriptions et soutenances dans le système PAEDM jusqu’à l’ouverture effective des écoles doctorales, ainsi que le respect strict de la loi pour les promotions. Faute de réponse favorable, une grève générale « sèche » pourrait être déclenchée sur l’ensemble du territoire.
Depuis l’arrivée de Thérèse Sombo à la tête du ministère, le secteur est secoué par une série de crises : contestations autour du barème salarial, blocages des thèses et irrégularités dans les promotions. Cette gouvernance sélective fragilise la crédibilité de la ministre et entretient un climat de tension permanente. Les syndicats estiment qu’il est temps que le président confie ce portefeuille stratégique à une personnalité expérimentée, capable de restaurer l’équité et de garantir une gestion équilibrée au bénéfice de tout le corps scientifique, administratif et technique.


Jean-Petit Djoko