Progrès visibles mais défis persistants/Électricité : 2,3 milliards mobilisés en 100 jours

 

L’amélioration de l’offre en électricité reste l’un des défis majeurs du développement économique en République démocratique du Congo. Dans un pays où la demande énergétique croît rapidement, la mobilisation des investissements et le renforcement de la régulation apparaissent comme des leviers essentiels pour soutenir l’activité industrielle et améliorer la vie quotidienne des citoyens.
DES RESULTATS SPECTACULAIRES EN 100 JOURS
Selon les données publiées le 29 juillet à Kinshasa par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), 2,3 milliards de dollars américains d’investissements ont été mobilisés en seulement cent jours, soit un montant supérieur à l’ensemble des investissements réalisés en 2025. Cette dynamique a permis de dégager une capacité énergétique additionnelle de 2 684 mégawatts, renforçant ainsi l’offre nationale.
La directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz Moto, a précisé que cette performance s’accompagne d’une accélération des procédures : 12 dossiers tarifaires ont été traités en cent jours, contre seulement quatre sur toute l’année précédente. De plus, 18 avis favorables ont été délivrés pour l’obtention de titres énergétiques, ouvrant la voie à de nouveaux opérateurs.
UNE REGULATION PLUS ACTIVE
Dans le même intervalle, 16 ouvrages électriques ont été inspectés pour vérifier leur conformité aux normes de sécurité. Les nouvelles capacités produites ont été orientées en priorité vers les zones industrielles, afin de soutenir la production et renforcer la compétitivité du tissu économique national.
Cette stratégie vise à garantir un approvisionnement plus fiable pour les entreprises, même si les bénéfices pour les ménages restent encore limités. Les délestages persistent notamment à Kinshasa, où la Société nationale d’électricité (SNEL) continue de faire face à un lourd endettement et à une organisation centralisée jugée peu efficace.
DES DEFIS PERSISTANTS
Malgré ces avancées, l’accès universel à l’électricité demeure un objectif lointain. La modernisation du réseau de distribution et l’amélioration de la desserte domestique restent des priorités. L’ARE insiste sur la nécessité de consolider les réformes structurelles et de renforcer la gouvernance du secteur pour transformer ces investissements en bénéfices tangibles pour la population.
Ces résultats traduisent néanmoins une intensification des activités de régulation et une attractivité croissante du secteur électrique congolais auprès des investisseurs internationaux. Ils marquent une étape importante dans la volonté du pays de bâtir un système énergétique plus robuste et plus compétitif.


J-P Djoko