De la gratuité de la maternité à l’assurance maladie obligatoire : l’État paie plus que le salarié

 

Le gouvernement congolais a annoncé la mise en place d’une cotisation obligatoire de 2,5 % sur les salaires des fonctionnaires afin de financer l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Cette réforme, présentée comme une avancée majeure vers la couverture santé universelle, vise à protéger les ménages contre les dépenses imprévues liées à la maladie et à garantir un accès équitable aux soins de qualité.
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a précisé que le mécanisme de financement repose sur une contribution partagée : 2 % à la charge de l’État employeur et 0,5 % à la charge du salarié. « C’est une cotisation modique qui permettra à tous d’accéder à des soins de grande qualité », a-t-il expliqué à l’issue d’une réunion avec le vice-premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Le dispositif se veut progressif et solidaire. Pour un salarié au revenu minimum de 130 dollars par mois, la contribution s’élèvera à 3,25 dollars, contre 13 dollars pour l’État, soit 16,25 dollars au total. À un niveau de revenu plus élevé, par exemple 2 000 dollars mensuels, la contribution atteindra 50 dollars pour le salarié et 200 dollars pour l’employeur.
Selon les projections du ministère, avec un million de travailleurs cotisants, le système pourrait mobiliser plus de 16 millions de dollars par mois, renforçant ainsi la capacité nationale à financer la santé publique et réduisant la dépendance à l’aide internationale. Les militaires, policiers et agents de la fonction publique seront les premiers bénéficiaires.
Le président Félix Tshisekedi a salué cette réforme, la qualifiant d’« acte de justice sociale et de reconnaissance envers ceux qui protègent notre pays ». Elle s’inscrit dans la continuité des mesures déjà mises en œuvre, telles que la gratuité de la maternité et la prise en charge des nouveau-nés, considérées comme des résultats positifs du programme de Couverture Santé Universelle.
Le gouvernement entend désormais accélérer la sensibilisation des partenaires sociaux et des citoyens afin d’assurer une mise en œuvre effective et durable de l’Assurance Maladie Obligatoire.


Jean-Petit Djoko