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Dialogue inclusif : l’AFC/M23 rattrapée par ses contradictions internes

Alors que le gouvernement congolais poursuit ses efforts en faveur d’un dialogue inclusif destiné à restaurer durablement la paix et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, l’AFC/M23 apparaît plus que jamais fragilisée par ses propres contradictions. Derrière les discours de conquête et les ambitions affichées de renversement du pouvoir de Kinshasa, les divisions internes du mouvement rebelle éclatent désormais au grand jour.

Publié le 5 octobre 2026 à 17:34
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Dialogue inclusif : l’AFC/M23 rattrapée par ses contradictions internes
Emergence Mag — Archives & Rédaction



Les révélations autour d'un prétendu complot visant à écarter le chef militaire du M23, Sultani Makenga, constituent un nouveau coup dur pour une coalition qui tente de projeter une image d'unité. Selon plusieurs analyses, cette opération aurait été menée par des acteurs proches de l'aile politique conduite par Corneille Nangaa. Mais l'initiative aurait rapidement échoué face au refus du Rwanda de cautionner une telle manœuvre, privilégiant la stabilité du commandement militaire à l'aventure politique incarnée par l'ancien président de la CENI.


Cette affaire expose une réalité de plus en plus difficile à dissimuler : l'AFC/M23 n'est pas un mouvement uni mais une coalition traversée par des luttes d'influence, des rivalités personnelles et des objectifs souvent incompatibles.


NANGAA FACE AU MUR DE LA REALITE


Depuis plusieurs mois, Corneille Nangaa multiplie les déclarations tonitruantes sur une prétendue marche vers Kinshasa et sur le renversement des institutions républicaines. Mais au sein même de la rébellion, cette rhétorique semble susciter davantage d'inquiétudes que d'adhésion.


Les commandants militaires du M23 paraissent peu enthousiastes à l'idée de s'engager dans une aventure hasardeuse à plus de mille kilomètres de leurs bases arrières. Plusieurs experts ont souligné que de nombreux responsables militaires privilégient la préservation de leurs positions dans les Kivus plutôt qu'une offensive nationale risquée aux conséquences imprévisibles.


Cette divergence met en évidence le décalage grandissant entre les ambitions personnelles de certains responsables politiques et les préoccupations pragmatiques des chefs militaires. Là où Nangaa cherche à exister sur le plan politique national, les militaires semblent davantage préoccupés par la protection de leurs intérêts et de leurs zones d'influence.


LE RWANDA DESAVOUE IMPLICITEMENT L'AILE POLITIQUE


L'échec du projet d'éviction de Makenga constitue également un revers politique majeur pour l'entourage de Nangaa. Les informations disponibles indiquent que Kigali a refusé de soutenir cette initiative, préférant maintenir l'actuel équilibre au sommet du mouvement.


Ce choix apparaît comme un signal clair. Le Rwanda semble considérer l'aile politique de l'AFC avec prudence, voire avec méfiance. Les déclarations répétées de Corneille Nangaa sur la prise de Kinshasa par la force auraient alimenté les inquiétudes de ceux qui redoutent des ambitions personnelles susceptibles de déstabiliser davantage le mouvement.


En maintenant Makenga, Kigali démontre surtout que le véritable centre de gravité de l'AFC/M23 demeure militaire. Une réalité qui relativise fortement le poids politique de ceux qui prétendent parler au nom d'un projet national.


UNE COALITION MINEE PAR LES RIVALITES


Les tensions actuelles ne sont d'ailleurs que la partie visible d'un problème beaucoup plus profond. Au sein de l'AFC/M23, les querelles de leadership, les accusations de favoritisme et les batailles autour du contrôle des ressources se multiplient.


Les différends entre certains hauts gradés, notamment autour de la gestion des territoires occupés, témoignent d'un climat de méfiance généralisée. Les arrestations rapportées de responsables soupçonnés d'implication dans le complot présumé révèlent un mouvement davantage occupé à régler ses conflits internes qu'à poursuivre ses objectifs affichés.


Loin de l'image d'une organisation disciplinée et structurée, l'AFC/M23 apparaît aujourd'hui comme une alliance de circonstance où s'affrontent différentes ambitions, parfois incompatibles.


LE DIALOGUE INCLUSIF GAGNE EN PERTINENCE


Ces nouvelles fractures renforcent en revanche la pertinence de l'approche défendue par le gouvernement congolais. Alors que les autorités de Kinshasa misent sur le dialogue, la réconciliation nationale et la préservation de l'unité du pays, les groupes armés montrent leurs limites en exposant leurs divisions internes.


Les événements récents démontrent qu'aucun projet porté par les armes ne peut offrir une alternative crédible à l'ordre constitutionnel. Incapable de s'accorder sur son leadership, divisée sur ses objectifs réels et traversée par des luttes de pouvoir permanentes, l'AFC/M23 apparaît aujourd'hui davantage comme une coalition en crise qu'une force capable de porter un quelconque projet national.


À l'approche du dialogue inclusif, ces dissensions constituent un sérieux aveu de faiblesse. Elles confortent la position du gouvernement congolais selon laquelle la solution à la crise congolaise ne réside ni dans les armes ni dans les ambitions personnelles de quelques acteurs rebelles, mais dans le cadre républicain, le dialogue politique et le respect de la souveraineté nationale. Une réalité que les fissures grandissantes au sein de l'AFC/M23 rendent chaque jour un peu plus évidente.


Jean-Petit Djoko

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